Dans notre pratique quotidienne du jardinage, nous avons constaté que le dosage précis de la bouillie bordelaise représente un savoir-faire essentiel pour obtenir des cultures saines. Après des années d’expérience, nous pouvons affirmer que chaque plante requiert une quantité spécifique de ce fongicide naturel. Les tomates et les aubergines nécessitent environ 6 grammes pour un litre d’eau, tandis que les pommes de terre et la vigne demandent une concentration plus élevée de 25 grammes par litre. Cette différence s’explique par la sensibilité variable des cultures face aux maladies cryptogamiques. Pour les salades et autres légumes à feuilles, nous utilisons un dosage intermédiaire de 12,5 grammes. Les arbres fruitiers, quant à eux, requièrent entre 15 et 20 grammes selon leur état sanitaire.
Selon les données de l’INRAE publiées en 2023, le sulfate de cuivre présent dans la bouillie bordelaise reste le traitement fongicide le plus utilisé en agriculture biologique, avec plus de 82% des viticulteurs français y ayant recours. Ce produit ancestral, composé de cuivre et de chaux, montre une efficacité reconnue depuis sa découverte dans le Bordelais au XIXe siècle. Nous recommandons de toujours préparer votre mélange avec de l’eau tiède pour faciliter la dissolution complète des granulés. La technique consiste à dissoudre d’abord le sulfate dans un récipient, puis à incorporer progressivement la solution de chaux en remuant constamment pour éviter la formation de grumeaux.
Ajuster les quantités selon les cultures et les menaces
Notre expérience nous a appris que l’adaptation du dosage selon la pathologie visée fait toute la différence. Lorsque nous devons combattre le mildiou sur les tomates, nous augmentons la concentration jusqu’à 30 grammes par litre. Cette maladie dévastatrice, causée par le champignon Phytophthora infestans, prospère dans les conditions chaudes et humides. En revanche, pour une action préventive générale au printemps, nous nous contentons de 10 à 20 grammes par litre. Cette approche permet de protéger vos plantations sans surcharger le sol en cuivre.
Quel dosage de bouillie bordelaise pour ces cultures ?
Tomates
Vigne
Nous vous conseillons vivement d’effectuer un test préalable sur quelques feuilles avant de traiter l’ensemble de votre jardin. Cette précaution nous a évité bien des déconvenues, notamment sur les plantes sensibles. Pour la tavelure des arbres fruitiers, nous appliquons généralement 20 grammes par litre, tandis que l’oïdium nécessite 25 grammes. Les résultats que nous obtenons dépendent directement du respect rigoureux de ces proportions. Il faut savoir que les marques commerciales comme Fungicide Bordelais ou Bio Bordeaux proposent des formulations préparées, mais nous préférons souvent réaliser nos propres mélanges pour contrôler précisément la concentration.
| Type de culture | Dosage recommandé (g/L) | Fréquence d’application |
|---|---|---|
| Tomates et aubergines | 6 | Toutes les 2 semaines |
| Pommes de terre et vignes | 25 | Toutes les 10 jours |
| Salades et légumes feuilles | 12,5 | Toutes les 3 semaines |
| Arbres fruitiers | 15-20 | Mensuelle |
Appliquer la bouillie dans des conditions optimales
Nous privilégions toujours l’application par temps sec et sans vent pour garantir une couverture homogène des feuilles. L’équipement adapté facilite grandement le travail : un pulvérisateur à main suffit pour les petites surfaces, mais nous recommandons un modèle motorisé pour les zones étendues. L’astuce consiste à bien couvrir le dessous des feuilles, car c’est là que les champignons pathogènes s’installent préférentiellement. Nous portons systématiquement des gants, des lunettes de protection et des vêtements longs pour éviter tout contact cutané.
Le moment idéal pour traiter se situe au printemps et à l’automne, lorsque l’humidité favorise le développement des maladies fongiques. Nous évitons absolument les périodes pluvieuses qui dilueraient le produit avant qu’il n’agisse. Entre deux applications, nous respectons un délai minimum de 10 à 15 jours pour ne pas surdoser et préserver l’équilibre biologique du sol. Cette régularité dans les traitements nous permet d’observer des résultats durables tout au long de la saison.

Prévenir plutôt que guérir avec des pratiques adaptées
Nous avons constaté que la prévention des maladies commence par des gestes culturaux simples mais efficaces. Voici nos recommandations essentielles :
- Espacer suffisamment les plants pour favoriser l’aération
- Installer des tuteurs pour éviter le contact des feuilles avec le sol
- Protéger les cultures avec des abris lors des périodes humides
- Alterner les traitements avec du purin d’ortie et de prêle
Ces techniques préventives réduisent considérablement les besoins en traitement curatif. Nous complétons régulièrement nos applications de bouillie bordelaise avec des décoctions naturelles qui renforcent les défenses des plantes. Le purin d’ortie apporte des nutriments essentiels, tandis que le purin de prêle améliore la résistance aux pathogènes grâce à sa richesse en silice. Cette approche combinée nous permet de maintenir des cultures vigoureuses.
Si malgré nos précautions le mildiou apparaît, nous supprimons immédiatement les parties atteintes pour limiter la propagation des spores. Nous appliquons ensuite une solution de bicarbonate de soude à raison de 5 grammes par litre d’eau, additionnée d’une cuillère de savon noir. Cette méthode alternative, bien que moins efficace que la bouillie bordelaise, permet de compléter l’action curative. Nous conservons toujours notre stock de poudre dans un endroit frais et sec, à l’abri de la lumière, pour préserver ses propriétés fongicides.
Quiz : Testez vos connaissances sur la bouillie bordelaise













