Construire un mur de clôture en agglomérés avec chaînage et piliers représente un projet de maçonnerie exigeant qui nécessite une approche méthodique et rigoureuse. Nous vous proposons un guide complet pour mener à bien cette réalisation, en nous appuyant sur notre expérience du terrain et des techniques éprouvées. Selon les normes DTU 20.1 relatives aux ouvrages en maçonnerie, l’utilisation de chaînages horizontaux et verticaux reste obligatoire pour garantir la stabilité structurelle d’un mur de clôture, particulièrement lorsqu’il doit supporter un portail. Ces éléments de ferraillage permettent de répartir les charges et de résister aux contraintes mécaniques du quotidien.
Préparer le ferraillage vertical des poteaux de soutien
La première étape cruciale consiste à mettre en place les armatures métalliques dans les poteaux. Nous utilisons des chaînages verticaux préfabriqués constitués de quatre filants de diamètre 10 millimètres, disposés en carré de 8 centimètres de côté. Cette configuration convient parfaitement aux éléments de pilier de 26 centimètres de largeur extérieure. L’enrobage de béton autour des aciers doit impérativement atteindre au moins 5 centimètres pour assurer une protection optimale contre la corrosion.
Avant de commencer : quel est le recouvrement minimal des armatures verticales ?
Les armatures standards mesurent généralement 3 mètres de longueur, ce qui complique leur manipulation lors du montage. Nous vous recommandons de les découper en deux sections égales de 1 mètre 50 chacune. Pour cette opération, une meuleuse angulaire équipée d’un disque diamant adapté au tronçonnage des aciers s’avère indispensable. Cette technique simplifie considérablement l’enfilage des éléments de pilier sur les armatures.
L’installation des armatures nécessite une attention particulière. Nous les enfonçons jusqu’au contact de la semelle de fondation, en faisant passer simultanément les fers d’attente à travers le ferraillage. Ces fers d’attente, positionnés lors du coulage des fondations, créent la jonction indispensable entre la base et le chaînage vertical. Nous veillons à centrer parfaitement l’armature dans l’élément de pilier et à vérifier son aplomb. Une fois en position, nous procédons à la ligature avec une pince spécialisée pour solidariser durablement les deux parties métalliques.
Assembler les blocs avec mortier et bande d’étanchéité
La rupture de capillarité constitue un enjeu majeur dans la construction d’un ouvrage de maçonnerie durable. Nous positionnons systématiquement une bande d’arase imperméabilisante entre le soubassement et l’élévation du mur. Cette membrane spécifique, disponible en rouleaux de différentes largeurs, empêche les remontées d’humidité depuis le sol vers les parties supérieures de la clôture. Son installation se réalise entre deux lits de mortier d’environ 2 centimètres d’épaisseur chacun.
Le mortier d’assemblage que nous préparons se compose de sable à maçonner de granulométrie 0/4 et de ciment de classe 42.5, dosé à environ 300 kilogrammes par mètre cube. Cette formulation assure une adhérence optimale entre les blocs tout en permettant un temps de travail suffisant pour les ajustements. Selon une étude réalisée en 2022 par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, ce dosage permet d’obtenir une résistance à la compression de 15 mégapascals après 28 jours de durcissement.
| Élément | Dosage pour 1 m³ | Application |
|---|---|---|
| Mortier de montage | 300 kg ciment + sable 0/4 | Assemblage des blocs |
| Béton de remplissage | 350 kg ciment + granulats | Chaînages et poteaux |
| Mortier d’arase | 300 kg ciment + sable 0/4 | Bande d’étanchéité |
Nous commençons par sceller les éléments de pilier sur le soubassement en appliquant le mortier sur la bande d’arase. Cette opération demande de la précision car le mortier a tendance à glisser sur la membrane. Nous vérifions systématiquement les niveaux et aplombs dans tous les axes à l’aide d’un niveau à bulle de grande longueur. Le calage des deux premiers poteaux doit être parfait car ils serviront de référence pour toute l’élévation du mur.

Élever progressivement les rangées de blocs creux
Pour la première ligne de parpaings creux, nous appliquons une méthodologie éprouvée qui garantit un alignement parfait de l’ensemble. Nous scellons d’abord les deux agglomérés situés aux extrémités, en vérifiant méticuleusement leur niveau et leur aplomb. Un cordeau tendeur fixé sur ces blocs de référence nous permet ensuite de contrôler l’alignement des éléments intermédiaires. Cette technique ancestrale reste la plus fiable pour obtenir un mur rectiligne.
L’élévation se poursuit rangée par rangée en respectant toujours le même processus. Nous appliquons une couche de mortier de 2 centimètres d’épaisseur, nous positionnons le bloc, puis nous le calons avec une massette en vérifiant niveaux et aplombs. Les joints verticaux entre chaque parpaing sont ensuite remplis avec soin. Cette alternance entre scellement, ajustement et vérification devient rapidement naturelle après quelques rangées réalisées.
Lorsque nous approchons de 20 centimètres sous le sommet des premières armatures verticales, nous interrompons temporairement l’élévation. Cette pause permet de mettre en place la seconde section des chaînages verticaux. Nous emboîtons les deux parties sur au moins 30 centimètres et les ligaturons solidement. Cette opération cruciale assure la continuité du ferraillage sur toute la hauteur du poteau. Les normes en vigueur imposent un recouvrement minimal de 40 diamètres de filant, soit 40 centimètres pour des aciers de 10 millimètres.
Finaliser avec les blocs en U et le coulage du béton
La dernière rangée se compose de parpaings en U spécialement conçus pour recevoir le chaînage horizontal. Ces éléments présentent une fente longitudinale destinée à accueillir les armatures métalliques. Nous créons une ouverture dans la face interne des poteaux pour permettre la jonction entre le ferraillage horizontal et vertical. Cette connexion structurelle garantit la solidarité de l’ensemble de l’ouvrage.
Voici les étapes essentielles pour finaliser votre mur :
- Sceller les blocs en U en les collant bout à bout sans joint vertical
- Positionner l’armature triangulaire à trois filants dans les blocs
- Réaliser les équerres de liaison pour connecter chaînages vertical et horizontal
- Préparer le béton dosé entre 300 et 350 kilogrammes de ciment par mètre cube
- Couler le béton dans les poteaux en veillant à bien remplir le fond
- Remplir les blocs de chaînage horizontal en répartissant uniformément le béton
Le coulage du béton nécessite une bétonnière pour préparer les quantités importantes requises. Nous utilisons un mélange de sable, graviers et ciment de classe 42.5. Il faut absolument que le béton pénètre jusqu’au fond des poteaux sans laisser de poches d’air. Un outil de piquage aide à faire descendre le béton entre les filants des armatures. Le temps de prise complet s’étend sur environ 3 semaines, période pendant laquelle le béton atteint 80 pour cent de sa résistance finale. Nous pouvons néanmoins découper les armatures qui dépassent après une semaine seulement.
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